Ça me rappelle une chanson d’Elista… Dès le départ, dès le début, on m’a menti mais je l’ai su. Oui, c’est exact; on m’a menti; mais maintenant, c’est fini.
Je suis passé du côté des hommes, de l’amour en fait. J’ai lâché les gynécées stériles, la ridicule timidité et les attitudes névrosées que la société semble attribuer exclusivement aux femmes. J’ai préféré être maitre de mon destin, j’ai préféré avoir des couilles et le courage de tuer quiconque qui oserait m’empêcher d’avoir raison…
Car être une femme ne pouvait être « ça ».

Alors je suis devenue virile: d’une virilité enflammée de mots et d’un érotisme seigneur du corps actif. Voilà, la véritable virilité n’est que la maitrise de la libido. Elle n’est en rien masculine. C’est pour ça que je me la suis approprié, jusqu’à la sentir mienne. Je suis devenue amoureuse de l’esthétisme des mots, et non de l’esthétisme corporel. C’était ici une question de survie psychiatrique. Je ne pouvais supporter de voir des corps semblables au mien s’étaler sur tous les écrans, sur tous ces panneaux… Toutes ces vestales commerciales écœurantes m’arrachaient quotidiennement la beauté de mon corps. Elles arrachent tous les jours la beauté de tous les corps des femmes. Et ces corps dénudés par l’impératif mercantiles ne font qu’ handicaper notre érotisme. Ils laissent les femmes sans force attraction, puisque celle ci est accaparée à vendre. Elles se sont retrouvé sans force, juste passives. La libido comme argument de vente, non comme vitalité sexuelle.

Ainsi, les femmes seraient cantonnées à ne mouiller qu’ honteusement dans le creux de leurs draps, parce qu’on leur a fait oublier leurs corps, parce qu’elles sont toutes enfermées dans la boîte à images, et les hommes aussi. Elles ne sont plus qu’une paire de seins géante, ils ne sont plus que des portes monnaies, prêts à payer pour…

La forme la plus fangeuse de cette réification féminine est le porno. Ce redoutable cancer ronge toutes les couches de l’expression humaine. C’est la culture de la satisfaction immédiate sans saveur, la croissance de la perversité sexuelle, la dégénérescence télévisuelle des corps nus: un réel génocide de la créativité et de l’intelligence. La mort de l’acte sexuel, l’hégémonie du zapping et du mépris.

Sur d’autres terrains, les femmes ne peuvent plus se prétendre les égales des hommes, elles sont devenues l’objet de volontés extérieures après avoir été le pion nécessaire des précédentes formes de sociétés. Ce ne sont pas elles les responsables, mais les lacunes de leur éducation. Toutes ces légendes aliénantes obscurcissent l’horizon de leurs possibles. Que peuvent elles devenir ? Sinon le bourreau schizophrène qu’illustre la société au travers des magazines ?

Avoir des enfants à vingt-cinq ans sans vergetures, de gros seins mais un ptit cul, être parfaite mais passionnante, être maquée avec un mannequin de pub’ Armani, intelligent et drôle, avoir un boulot génial mais pas trop prenant, consommer beaucoup mais pas trop…

C’est qu’il leur faut être ce qu’on leur propose d’être. Il faut être originale comme tout le monde. Soi même dans la norme préalablement définie. Surtout n’osez pas dépasser, franchir la limite, être autre chose… Gardez vos étiquettes, pour votre bonheur

C’est donc parce qu’il n’y aurait que deux sexes, mais de multiples formes de sensualités et d’attirances, que j’ai dû me résoudre à devenir un garçon. J’ai lâché mon camp, trahi tout le monde pour un nouveau départ… C’était plus sûr… Pour le moment…

Je ne veux pas la guerre; mais un unique sexe fort et sûr de lui, du plaisir et beaucoup d’amour.

 

 



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Opinions

Cet article à été écris le Samedi 7 juillet 2007 à 9:56 et placé dans Société. Vous pouvez suivre les réponses à cet article grâce au flux RSS 2.0. Vous pouvez donner votre opinion sur ce sujet, ou un trackback depuis votre propre site.

2 Opinions


  1. Mith le 27 août 2007 11:51

    Quelle Passion ! Heureusement que certaines personnes pensent comme toi et vont ainsi donner renaissance au féminisme.

    Toutefois je ne suis pas d’accord avec ton analyse sur la pornographie mais c’est un autre débat. En deux mot je dirais que c’est un commerce comme un autre, du plaisir vite obtenu, une sorte de fast-food du sexe. Il a sa place et son utilité. Cependant là ou il devient dangereux c’est quand il sert d’éducateur sexuel…

  2. Avalys Flaws le 8 décembre 2007 4:23

    Plutôt que d’éducateur sexuel, j’ai surtout peur que le porno ne devienne (ou soit) un modèle social en particulier de rapport entre les sexes. La femme est alors le réceptacle de toutes les pulsions. Elle n’est plus un être humain, mais une poupée sans douleur et qui ne crie que pour appeler au plaisir. Le porno c’est une publicité pour le viol, non pas qu’elle incite à tous de s’y adonner, mais elle nous conditionne à accepter cette parodie de rapport sexuel violent et non consenti comme un simple divertissement audiovisuel et comme peut être une norme.
    Le porno c’est aussi le symbole du divertissement contemporain. Une fenêtre que l’on peut regarder sans réfléchir, sans se poser de question. Une incitation à la contemplation vide et au demi-plaisir facile. Le porno ça n’est pas qu’une madame et un monsieur (ou plusieurs) qui jouent au jeu du baton devant la caméra. C’est le modèle d’une production facile, non scénarisé et qui rapporte. C’est aussi ce que vous pouvez voir tous les jours sur des programmes certifiés CSA, qui viennent vous bercer d’un vide subliminal.

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